Une ville macédonienne fleuron de l’industrie yougoslave programmée par Tito. Une usine de plomb qui empoisonne toujours ses habitants à petit feu. Trois soeurs qui étouffent entre ces murs sans horizon : Slavica et Sapho prêtes à tout pour quitter Vales, et Afrodita, la cadette muette qui arpente la ville avec une grâce ineffable. Un film d’une noirceur terrible servie par d’éclatantes couleurs, un cadrage à couper le souffle. Ce n’est pas de l’esthétisme, c’est du génie. La réalisatrice filme avec virtuosité ce que d’autres négligent : les pieds, le ciel, le vent… Verticalité des lignes et vertige des sentiments. « Un bon film, c’est un film qui laisse des traces » affirment les deux soeurs dont la connivence est totale : l’une est réalisatrice, l’autre comédienne et productrice (le frère, artiste, signe la scénographie du film). Une affaire de famille exceptionnelle comme cette fable onirique et cruelle.
Je suis de Titov Veles
- Fiction
- Macédoine
- 2008
- 102'