Adam, 4 ans, est hospitalisé pour malnutrition à la suite d’une décision de justice. Lucy, l’infirmière en chef, autorise la mère d’Adam à rester auprès de son fils au-delà des heures de visite fixées par le juge. Mais la situation se complique quand celle-ci refuse une nouvelle fois de quitter son fils. Dans l’intérêt de l’enfant, Lucy fera tout pour venir en aide à cette mère en détresse. Après Un monde (programmé et primé en 2021), qui se passait intégralement dans une école, c’est le service pédiatrique d’un hôpital public que Laura Wandel explore. En plans séquences, la caméra colle aux mouvements incessants de Lucy, dont nous ressentons l’épuisement et celui de tous les soignants que son personnage convoque. Nous restons en apnée, en raison de la puissance des enjeux humains déployés, du resserrement spatial et temporel, du jeu de Léa Drucker chez qui la fragilité affleure derrière une apparente maîtrise. Chacun a son point de vue sur ce qu’il convient de faire dans l’intérêt d’Adam – mère, infirmière, médecin, juge… Le film nous laisse appréhender librement toute cette complexité et les moyens dont disposent les systèmes de soin et de protection de l’enfance pour y faire face.
Festival de Cannes – Semaine de la Critique