Pamela, jeune Rom insolente, spontanée et drôle, s’embarque vers l’inconnu, rompant avec les traditions qui l’étouffent. Elle arrive en Belgique avec trois mots de français et l’espoir d’un mariage pour changer son destin et celui de sa fille.
« Pamela, robe à fleurs jaunes, sac fuchsia au bras et détermination fébrile, décide de quitter la vie rude de son village enneigé de Roumanie. Elle laisse derrière elle son jeune soupirant aux yeux de loup et tous les siens puissamment vivants. Trouver la teinture qui convient, la tenue qui convient et l’homme qui convient; celui qui habitera une jolie maison dans un pays prospère. Apprendre à toute allure les règles du jeu d’un nouveau monde, à convaincre plus qu’à conquérir, qui se refuse depuis toujours à elle et aux siens.
À l’instar de son héroïne – l’incandescente Alina Serban ici révélée – le film ne se laisse pas facilement ranger dans une case, bousculant sur son passage les codes de son récit d’apparence classique. Les cadres, d’une rigueur radicale et sans afféterie, accompagnent le fol élan de Pamela dans sa tentative d’entrer, justement, dans un nouveau cadre de vie. Changer de cadre donc, c’est bien cela dont il s’agit. Mais Pamela en déborde du cadre, de l’ancien, du nouveau, et trace sa propre voie.
C’est sans doute dans cette surprise-là que s’engouffre le cinéma de Marta Bergman qui ne cède pas d’un pouce à la tentation de l’exotisme ou de la tension attendue des rapports de classe, et de l’économie du couple. Le film prend corps comme par effraction discrète dans cet inattendu-là autant que dans l’observation fine de ses personnages.
Dans ce récit d’apprentissage où, comme chez Renoir, « chacun a ses raisons », le film, d’une générosité subtile, laisse sa chances à tous de la saisir, de trouver sa propre voie, d’en sortir grandi, et bouscule dans sa fièvre la bienséance d’un récit classique, d’une vie programmée. » Marie Dumora – Cinéaste